Accueil > Actualité > Premier plan sécurité pour région bruxelloise

Un premier plan de sécurité pour la Région bruxelloise

Le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a approuvé, ce jeudi, le Plan Global de Sécurité et de Prévention (PGSP). Dans un paysage institutionnel remodelé, qui investit la Région de nouvelles compétences en la matière, ce document stratégique traduit une vision actuelle, ambitieuse et novatrice de l’architecture de la prévention et de la sécurité à Bruxelles.

Ce plan ouvre la voie à une nouvelle orientation de l’avenir de la sécurité de notre Région, grâce d’une part à la complémentarité des mesures et des protagonistes engagés, et d’autre part à la transversalité de leur champ d’action.

Complémentarité

« La complémentarité est une condition de réussite essentielle dans la mise en œuvre de nos politiques en la matière mais aussi dans nos contacts avec les autres niveaux de pouvoir. L’articulation entre les différentes compétences des acteurs en charge de notre sécurité a été redessinée dans cette optique, de manière à diminuer le sentiment d’insécurité et d’offrir aux Bruxellois un cadre de vie agréable», a déclaré Rudi Vervoort.

Le PGSP définit un cadre de référence stratégique global sur la période 2017-2020, préalable à l’adoption des Plans zonaux de sécurité (PZS) et tenant compte du Plan national de sécurité (PNS) et de la Note-cadre de sécurité intégrale (NCSI). Il intègre en outre des mesures qui sont déjà d’application dans certains plans zonaux auxquelles il apporte une assise territoriale plus large. Les six zones de police sont donc impliquées dans le processus et doivent coordonner leurs PZS au cadre général proposé.

« Le document n’est pas strictement un plan policier ; il entend mettre en place une politique de sécurité urbaine intégrale et renforcée pour l’ensemble de la chaîne de sécurité, de la prévention à la réaction. La coordination de la mise en œuvre du PGSP est quant à elle assurée par Bruxelles Prévention & Sécurité, qui rend compte des mesures exécutées aux autorités compétentes », a précisé Rudi Vervoort.

Le nouveau dispositif a été soumis au Conseil régional de sécurité (CORES), réunissant le parquet de Bruxelles, le directeur coordonnateur administratif, le directeur judiciaire, les présidents de collèges de police, les chefs de corps des zones de police de l’arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale, favorisant ainsi la coordination et l’adhésion de tous les acteurs concernés.

Transversalité

Le caractère intégré et transversal a fait l’objet d’une attention particulière tout au long de l’élaboration du projet de plan. Bruxelles Prévention & Sécurité a mis en place une philosophie de travail participative en vue de garantir l’implication des acteurs de la chaîne de prévention et de sécurité dans le respect de leurs prérogatives et objectifs respectifs.

Après consultation des principales institutions régionales, communales, policières et judiciaires concernées, des groupes de travail thématiques se sont réunis aux fins de proposer des mesures concrètes et opérationnelles. Celles-ci ont été rassemblées en dix chapitres qui illustrent les priorités du Plan Global de Sécurité et de Prévention.

Le plan consolide des initiatives préexistantes et en propose d’autres, inédites selon les différentes priorités. On citera particulièrement:

  • la prise en compte prioritaire des affaires liées aux violences conjugales ou intrafamiliales dans le cadre des atteintes à l’intégrité de la personne ;
  • l’harmonisation de la prise en charge des auteurs et victimes potentiels des phénomènes de polarisation et de radicalisation notamment par l’élaboration d’une grille d’analyse commune ;
  • l’amélioration de l’accueil 24/24h et dans des locaux adaptés tenant compte des spécificités liées aux auditions des victimes de traite et de trafic des êtres humains ;
  • l’optimisation de la couverture espace-temps des gardiens de la paix et de la police locale afin de mettre en place une présence visible et dissuasive contre les vols, cambriolages, le vandalisme et les extorsions diverses comme par exemple le racket touchant les jeunes aux abords des écoles, les pickpockets dans les transports en commun et les vols dans les voitures ;
  • Le déploiement du réseau de caméras ANPR, en concertation avec les polices locale et fédérale et la mise sur pied d’un Centre régional de traitement des infractions (CRT) dans le cadre de la mobilité et de la sécurité routière ;
  • La présence visible et appropriée, en termes d’environnement et d’incivilités, des différents services publics en charge de la sécurité : en soirée pour prévenir les conduites à risque et limiter les nuisances sonores ; l’été avec des équipes de gardiens de parcs et de surveillants forestiers spécialisés en prévention et/ou animation; dans les stations de métros ;
  • Le renforcement des capacités de recherche sur le darknet afin notamment de lutter de manière proactive contre le développement de divers phénomènes liés à la cybercriminalité (trafic de stupéfiants, trafic d’armes, prévention et lutte contre le terrorisme et le radicalisme) et le développement d’un centre de connaissances et de partenariats avec des universités pour certaines formations spécialisées en cybersécurité ;
  • La sensibilisation des armuriers à identifier les personnes achetant des chargeurs ou des munitions en grandes quantités et l’amélioration de l’image relative au trafic d’armes dans le cadre de la criminalité organisée et du trafic de biens frauduleux ;
  • La formation des citoyens bruxellois aux premiers secours plus particulièrement dans le cadre de l’obtention d’un permis de conduire mais aussi aux réactions adéquates et premiers gestes utiles en cas de situation d’urgence avec pour objectif l’augmentation de la capacité à surmonter l’adversité (résilience).

Centre de communication et de crise régional intégré

Le Plan Global de Sécurité et de Prévention confirme par ailleurs la mise en place d’un centre de communication et de crise régional intégré hébergeant la centrale de secours de l’aide médicale urgente et des services d’incendie (CS 100) et le centre d’information et de communication (CIC 101), ainsi que différents opérateurs régionaux liés à la sécurité et à la mobilité comprenant le SIAMU, MOBIRIS et la STIB.

Dans un objectif de professionnalisation des acteurs de la prévention et de la sécurité mais également de décloisonnement des différentes approches (partage de bonnes pratiques, échanges de processus, notamment), la Région bruxelloise prévoit également de se doter d’une école intégrée des métiers de la sécurité qui regroupera les formations des gardiens de la paix, gardiens de parc, pompiers, policiers et autres acteurs.

« Ces outils étaient indispensables pour la Région bruxelloise. Après de nombreuses réflexions et concertations, je suis satisfait de pouvoir présenter un dispositif cohérent et complet qui sera bénéfique à tous les Bruxellois », a conclu Rudi Vervoort.

Communiqué de presse sur le site web du Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale Rudi Vervoort.